Action : Sauvons les Rhodopes de la pollution au cyanure ! |
Le rayon Est de la chaîne de montagnes des Rhodopes en Bulgarie se distingue par son paysage unique, son climat méditerranéen, l’abondance de monuments culturels historiques et la biodiversité exceptionnelle. Toutefois, ce rayon est présentement mis en danger par les plans de la firme canadienne « Dundee Precious Metals » qui prévoie y développer un site minier à chantier ouvert avec l’utilisation de cyanure pour l’extraction du précieux métal. Le projet prévoie développer la mine â 800 mètres de la ville de Kroumovgrad, avec une sortie d’évacuation du cyanure juste au dessus de la zone qui sert de source d’eau pour la ville.
Le projet est seulement la première étape du développement qui vise à s’étendre dans la région Est de la chaîne de montagnes des Rhodopes. Ce sera la cause de la relocalisation de centaines de personnes et exposera la population locale une pollution accrue dans l’eau, dans l’agriculture et dans l’air. Des monuments historiques de l’ère des Traces, des Romains et de l’époque médiévale seront détruits. Bref, le développement d’un site minier pour l’extraction de l’or est incompatible avec la vision de développement durable de cette région, soit l’agriculture biologique et l’éco-tourisme.
Des citoyens ont formé un comité « Vie pour Kroumovgrad », pour s’opposer au projet de la firme « Balkan Mineral and Mining » (la branche bulgare de la firme Dundee Precious Metals). Ils ont organisé plusieurs manifestations et tables rondes conjointement avec des organisations grèques et turques. selon le comité, 90% des gens de Kroumovgrad, dont la population est estimée à 5000 citoyens, sont contre le projet. Une coalition d’organisations pour l’histoire naturelle de la Bulgarie ont mobilisé leurs forces pour s’opposer au projet afin de sauver les Rhodopes de l’Est. Au nombre de ces organisations se sont joints : « Balkans verts », « Eco-Club 2000 », « Za Zemiata » (Ntd : « Pour la Terre »), le « Centre d’information et d’éducation pour l’écologie » et le mouvement pour la préservastion de la nature, « Balkani ».
Financièrement, les intérêts pour la Bulgarie sont douteux. Le concessionnaire de la mine « Ada Tépé » recevra 835,000 onces d’or et 440,000 onces d’argent. Environ 10% des profits seront versés à l’État. Or, la petite histoire de la privatisation du secteur minier en Bulgarie réflète essentiellement la corruption, et la vente des ressources naturelles de l’État à des prix dérisoires, dans des conditions défavorables. L’arithmétique du projet « Ada Tépé » est douteuse et soulève les questions économiques suivantes :
Qui acceptera la responsabilité à long terme pour le déversement du cyanure ? [1]. Ceci continuera d’être un risque pour les citoyens et pour l’environnement bien après que le concessionnaire ait terminé son contrat. Qui dédommagera pour d’éventuels incidents après la conclusion du contrat ? Par exemple, le rayon est situé dans une zone sismique considérable, ce qui laisse planer un risque réel de contanimation.
Contanimation au delà de la frontière : dans plusieurs cas bien connus, par exemple à Baya Maré en Roumanie, une firme privée s’occupe des profits et laisse à l’État de verser des compensations financières aux pays voisins. Donc après que la firme Dundee Precious Metals s’envole avec son or, et lorsque la population locale seront confrontés à la destruction causée par les opérations minères, l’État sera-t-il forcé par ses voisins à payer des compensations ? (NdT : Les Rhodopes sont situées à proximité des frontières grèques et turques.)
L’économie traditionnelle de la région est aussi menacée. Les gens sont inquiets l’attribut de « zone industrielle » fera baisser la demande pour leurs productions de tabac, fruits, produits laitiers et autres produits du terroir. La région est présentement considérée comme étant propre, et plusieurs producteurs locaux font partie d’un programme pour le développement de l’agriculture biologique.
Le nombre total de personnes dont la propriété est affectée par les opérations minières n’est pas spécifié dans le document remis aux authorités : le rapport des experts mesure l’impact en hectares, non pas en termes d’habitants ou de familles. Le document mentionne la possibilité que certaines terres soient acquises sans le consentement du propriétaire, mais ne discute pas des mécanismes nécessaires pour résoudre les problèmes de relocalisation.
La population locale s’oppose fortement aux relocalisations. Il n’y a pas de garanties que les compensations seront suffisantes pour construire une nouvelle maison et d’y vivre une vie normale. De plus, la majorité de la population est d’origine ethnique turque, ce qui rappelle pour plusieurs les relocalisations forcées lors de l’ère communiste.
Selon les représentants de la firme, les 300 emplois temporaires pour ce projet d’une durée de 10-20 ans est une forme de développement durable.
Pour plus d’information :
Site officiel de la campagne : Les rhodopes, oui — l’or, non ! (anglais/bulgare)
Indymedia Bulgarie : Grecs et Bulgares font front commun contre le projet minier à Kroumovgrad (en bulgare)
Ce que Christophe Colomb a toujours voulu savoir : où est l’or ? (en anglais)
[1] NdT : je ne suis pas certain de la traduction du terme « хвостохранилището »