Prostitution : les esclaves de l’est |
De la Roumanie à la France, Jelena Bjelica remonte les filières du crime organisé et de la prostitution. Rencontres, témoignages, son récit donne la parole aux femmes bafouées et aux organisations qui les défendent.
On suit avec elle l’itinéraire de prostituées de l’Est : comment elles se sont fait piéger, comment elles ont vécu l’enfer et comment elles ont survécu... Les mots sont durs, mais le récit est limpide. Et surtout nécessaire.
Ce livre n’est pas un essai, c’est un cri de révolte. Contre les politiques corrompus, contre les profiteurs de misère, contre les gouvernements occidentaux qui ferment les yeux.
Engagée mais lucide, Jelena est avant tout une journaliste. L’enquête est minutieuse, elle fait taire les rumeurs et dissipe les légendes. D’une part, elle dénonce, à l’Est, l’implication des politiques dans l’organisation de la traite et, d’autre part, en Europe occidentale, elle souligne l’incohérence des programmes de lutte.
L’Europe communautaire qui se cherche n’a visiblement pas encore trouvé un système efficace pour protéger les victimes de l’exploitation sexuelle. Car comme le souligne Jelena, la lutte doit être mené à l’échelle du continent.
Ce livre est également l’occasion de rendre hommage aux associations qui dénoncent les réseaux criminels et qui défendent les prostituées (Le Bus des Femmes, le Nid, Karo, la Strada...). Elles fournissent à ces femmes un accompagnement sanitaire nécessaire (distribution de préservatifs), et leur apportent un soutien moral indispensable.
Jelena nous offre donc un témoignage simple et bouleversant, un livre plein d’humanisme et de compassion. Avec cet ouvrage, la traite des femmes n’est plus un mythe, une réalité fantasmée, c’est désormais une expérience concrète que nous devons combattre.
Pour plus d’informations sur l’auteure et le livre, consulter le site du Courrier des Balkans.
En réaction au trafic d’ êtres humains en marge de la Coupe du Monde de football et à cette forme d’ esclavage qui prend une ampleur démesurée, Philippe Decourroux, chanteur suisse que je représente pour la Belgique a composé la chanson « Les filles de l’Est ». Une chanson « coup de poing » visant à sensibiliser les pouvoirs politiques et l’ opinion publique face à cette barbarie. Cette chanson est un cri du cœur pour toutes les malheureuses victimes de ce piège infernal. En leur nom, nous osons vous demander l’ impossible pour faire connaître et diffuser cette chanson à une très large échelle. Vous pouvez en écouter la maquette sur le site www.decourroux.ch .
Il faut que le monde sache…
Les filles de l’Est
Elles rêvaient comme rêvent les filles de leur âge
Elles rêvaient comme on rêve quand on a 17 ans
Elles rêvaient de quitter leur quartier leur village
Et puis un jour d’aimer et d’avoir des enfants
Les filles de l’Est
Elles rêvaient d’échapper à ce destin trop dur
Qui avait condamné leurs mères derrière le mur
Elles rêvaient d’évasion, à mille lieux de croire
À la pire des prisons, au pire des cauchemars
Les filles de l’Est
Oksana, Marouchka et les autres
Piégées par des barbares elles pouvaient pas savoir
Esclaves dans la gueule de ces chiens
Elles étaient innocentes
Ils les ont faites putains
Je déclare la guerre à tous les salopards
Tous les marchands de chair et tous les charognards
Ceux qui vendent des filles contre quelques dollars
Et ceux qui les ont prises sans chercher à savoir
Je déclare coupables tous ceux qui ne font rien
Politiques et notables qui s’en lavent les mains
Je déclare coupables tous les porcs dégueulasses
Capables d’oser encore se r’garder dans la glace
Je déclare la guerre au marché de la honte
Et des vies qu’on enterre dans des bordels immondes
Et au nom des victimes, j’appelle à se lever
Pour dénoncer ce crime contre l’humanité
Oksana, Marouchka et les autres
Si pour vous c’est trop tard
Un jour ils vont payer
Vos larmes et vos corps déchirés
On laissera pas tomber on va pas oublier
Les filles de l’Est
Copyright Philippe Decourroux